Bien que les cigarettes électroniques soient destinées aux fumeurs adultes souhaitant cesser leur consommation de tabac, elles attirent de plus en plus les adolescents, même ceux n’ayant jamais fumé. Il est donc essentiel de mieux comprendre ces produits de vapotage et de déconstruire les fausses croyances liées à leurs risques.
Dispositifs de vapotage
À l’origine, la cigarette électronique visait à aider les fumeurs à réduire ou cesser leur consommation de tabac. Aujourd’hui, elle est plutôt devenue une porte d’entrée vers la nicotine, notamment chez les jeunes.
La plupart des dispositifs de vapotage comprennent :
La batterie alimente la résistance, qui chauffe le liquide et le transforme en vapeur que l’utilisateur inhale. Les dispositifs varient en forme et en puissance.
Pour certaines cigarettes électroniques, il est impossible de régler ou de modifier la puissance de la batterie. Le courant envoyé à la résistance qui atomise le liquide est donc constant.
Certains appareils permettent de modifier la puissance. Bien que la puissance (watts) recommandée soit indiquée sur la résistance, elle n’est pas toujours respectée.
Deux types de dispositifs de vapotage existent :
Une puissance trop élevée peut :
- endommager prématurément la résistance
- libérer des substances nocives dans le liquide (ex. métaux lourds), qui peuvent être inhalées
- nuire au bon chauffage du liquide, ce qui peut en altérer la composition et augmenter les risques pour la santé
Un bon entretien est essentiel pour limiter ces effets.
Enfin, comme tout appareil électronique, les dispositifs de vapotage peuvent présenter des défectuosités. Bien que rares, des cas d’incendies ou d’explosions liés aux piles ont été signalés.

Qu’en est-il du « juice » ?
Les e-liquides sont principalement composés de :
- Arômes
- Propylène glycol (solvant chimique)
- Glycérine végétale
- Métaux lourds (détérioration de la résistance)
- Nicotine
Certains composants des e-liquides
Les e-liquides aromatisés attirent particulièrement les consommateurs et contribuent à banaliser le vapotage. En donnant une image attrayante, parfois associée à des saveurs sucrées, ils peuvent faire oublier que la cigarette électronique comporte des risques.
Les arômes
- Environ 9 jeunes sur 10 disent avoir été attirés par le vapotage à cause des saveurs
- Le goût agréable contribue à maintenir l’usage chez près de 90 % des jeunes
Propylène glycol
Il s’agit d’un solvant chimique pouvant irriter les voies respiratoires lors d’une inhalation fréquente.
Glycérine végétale
Utilisée dans de nombreux autres produits de consommation (ex.: cosmétiques et édulcorants), elle est considérée sécuritaire dans certains usages, bien que les effets de son inhalation à long terme demeurent inconnus.
Métaux lourds
Par exemple, on parle du toluène et de l’ethylbenzène. Ils peuvent être libérés dans la vapeur lorsque la résistance se détériore.
Qu’est-ce que la nicotine ?
Quelques faits sur la nicotine :
La nicotine, tout comme plusieurs substances psychoactives, stimule une production importante de dopamine, un neurotransmetteur lié au plaisir et au système de récompense, favorisant ainsi le développement d’une dépendance.
Même une consommation occasionnelle peut mener à une dépendance, car le geste de vapoter crée rapidement un comportement réflexe dans le corps et le cerveau.
Certains effets perçus comme positifs ne sont pas liés à la nicotine elle-même :
- la respiration profonde lors du vapotage peut procurer une sensation de bien-être
- le fait de consommer à l’extérieur augmente l’oxygénation, favorisant la détente
- le contexte social (se retrouver, échanger, créer un sentiment d’appartenance) renforce l’expérience
Ces bénéfices sont donc indirects et peuvent être obtenus sans consommer de substances.
Vrai ou faux?
« La consommation de nicotine par vaporisation ne représente pas de risque »
FAUX.
Les e-cigarettes contiennent plusieurs substances pouvant être néfastes (nicotine, propylène glycol, glycérine, arômes et autres composés chimiques). Les effets à long terme du propylène glycol, de la glycérine végétale et de la fumée secondaire qui en découle demeurent inconnus, ce qui soulève des inquiétudes. (RSEQ)
« L’industrie respecte la réglementation. »
FAUX.
Les fabricants disposent de stratégies marketing puissantes qui profitent des zones grises de la réglementation. (Les produits de vapotage : de quoi parle-t-on? Conseil québécois sur le tabac et la santé, p. 13) Des mesures plus strictes par le gouvernement sont souhaitées, comme l’interdiction des arômes, une taxe d’accise et des limites sur la nicotine.
